L’idée circule que l’ozone revitalise les cheveux. Une étude de laboratoire de 2026 a pourtant mesuré une oxydation cumulative de la fibre après des expositions répétées à l’eau ozonée. Ce qui reste vrai : la brillance, mesurée elle aussi, a peu changé.
Que mesure l’étude de 2026 sur l’eau ozonée ?
En laboratoire, des cheveux exposés à répétition à de l’eau ozonée montrent une oxydation cumulative des protéines, des lipides et des pigments, alors que leur brillance et leur couleur ont peu changé.
L’eau ozonée est une eau dans laquelle on a dissous de l’ozone, un gaz fortement oxydant. L’oxydation modifie les protéines de la fibre. L’eau ozonée n’est ni un soin, ni un appareil à ions. L’effet mesuré est cumulatif : il progresse au fil d’expositions répétées.
L’ozone se vend comme un soin « revitalisant », censé améliorer la brillance, la douceur et la qualité de la fibre. Marrafa et coll. (International Journal of Cosmetic Science) ont voulu mettre cette promesse à l’épreuve, vu la nature fortement oxydante du gaz. Leur travail porte la mention « partie I ».
Qu’a observé l’étude sur la fibre ?
En laboratoire, Marrafa et coll. (International Journal of Cosmetic Science, 2026) ont exposé des mèches de cheveux à de l’eau ozonée de façon répétée, puis mesuré la fibre par spectroscopie, microscopie, calorimétrie, traction et peignage.
Les résultats vont dans le même sens. L’acide cystéique et les groupes carbonyle augmentent peu à peu. La cuticule fusionne et le cortex devient plus fluorescent. Le peignage demande une force plus grande, en phase avec ces changements. La brillance et la couleur, elles, bougent peu.
L’acide cystéique est une forme oxydée de la cystéine : il signe la rupture de ponts disulfure dans la kératine.
Selon Marrafa et coll. (International Journal of Cosmetic Science), l’ozone semble laisser une signature de dommage propre, qui s’étend au-delà de la cuticule jusqu’au cortex. Cette lecture reste leur interprétation, établie sur des mèches de laboratoire et non sur des chevelures.
Que ne dit pas l’étude ?
Le résumé de l’étude porte sur de l’eau ozonée, en laboratoire, et le titre précise « partie I ». Ce résumé ne décrit aucune mesure sur un sèche-cheveux « à ozone », une vapeur d’ozone de salon, une huile ozonisée, le cuir chevelu ou des cheveux lissés.
Le résumé ne donne ni concentration ni nombre d’expositions. Aucun chiffre de ce type ne figure donc ici, et le résumé ne dit pas à quoi correspondrait une exposition « répétée » dans une salle de bains ou dans un salon.
On ne transpose pas la mesure de Marrafa et coll. (International Journal of Cosmetic Science) à un appareil : un sèche-cheveux annoncé « à ozone » n’a pas été testé ici, et l’étude n’en dit ni bien, ni mal. Une suite est annoncée, sur les lipides et sur la réaction des cheveux exposés à d’autres agressions, cosmétiques ou environnementales.

Eau ozonée, appareil ou vapeur « à l’ozone » : même chose ?
Non. Une eau ozonée, un sèche-cheveux annoncé « à ozone » et une vapeur d’ozone de salon ne se confondent pas, et seule l’eau ozonée a été mesurée par l’étude de 2026.
Le tableau place l’eau ozonée de l’étude face à ce qui se vend sous le nom d’appareil à ozone.
| Critère | Eau ozonée | Appareil à ozone |
|---|---|---|
| Pour qui | Mèches de laboratoire | Non étudié |
| Mesuré en 2026 | Oui, en laboratoire | Non |
| Effet rapporté | Oxydation cumulative | Aucune donnée |
Pour qui, au juste ? Des mèches de laboratoire, pas des chevelures. Mesuré en 2026 : oui, en laboratoire, et pour l’eau ozonée seulement, avec une oxydation cumulative comme effet rapporté. L’appareil à ozone reste non étudié, si bien que la réponse est non pour la mesure et que l’étude ne rapporte aucune donnée sur son effet : faute de mesure, la comparaison s’arrête là.
Une promesse « revitalisante » doit-elle être prouvée ?
Oui. Le règlement (UE) n° 655/2013 demande que les allégations cosmétiques reposent sur des éléments probants adéquats et vérifiables, et que les études concernent le produit et le bénéfice annoncé.
Son critère de sincérité est net : « Les effets allégués d’un produit ne peuvent aller au-delà des effets démontrés par les éléments probants disponibles. » Le règlement fixe des critères. Il ne juge aucun produit, et cet article n’en juge aucun non plus.
Devant une promesse « revitalisante », demandez à quelle étude elle renvoie, et si elle porte sur le produit lui-même, et non sur un autre. Les repères pour lire un emballage se trouvent dans l’article sur ce qu’une allégation doit prouver.
La même règle vaut pour les fiches de Lissara : posez-leur la même question.
Sur des cheveux lissés, quelle routine ?
Sur des cheveux lissés, la routine Lissara s’appuie sur le délai après la pose, sur le rythme des lavages et sur la protection avant la chaleur, sans traitement oxydant ajouté.
Cinq gestes encadrent l’entretien de longueurs lissées.
- Laissez passer 48 à 72 h après la pose, puis lavez une première fois.
- Limitez-vous à 2 à 3 lavages par semaine.
- Vaporisez le protecteur à 20 cm avant le sèche-cheveux ou le fer.
- Peignez ensuite pour étaler le voile sur les longueurs.
- Finissez par deux à trois gouttes de sérum sur les pointes sèches.
Sèche-cheveux ou fer réguliers ? Il faut un voile au tanin, collagène et protéines, sans rinçage : le voile du Spray Thermo Protecteur limite, selon sa fiche, la perte d’hydratation due au sèche-cheveux et au fer.
La cuticule et le pH sont expliqués dans l’article sur le pH et l’oxydation de la fibre.
Dans quels cas s’abstenir ?
Trois situations commandent de s’abstenir. La première est un soin ou un appareil dont la promesse ne renvoie à aucune preuve : sans étude qui concerne le produit et le bénéfice annoncé, la promesse reste une promesse, et l’essai attend.
La deuxième est l’exposition répétée à un traitement oxydant sur des longueurs lissées, quand on ignore ce qu’il contient. L’étude de 2026 n’a pas mesuré de cheveux lissés, et cette absence de mesure suffit à la prudence : mieux vaut s’en abstenir que le répéter sans savoir.
La troisième concerne les premiers jours : attendez que le premier shampooing soit passé, 48 à 72 h après la pose, avant tout traitement de salon. Ce délai laisse la pose se stabiliser et évite d’y superposer un traitement inconnu. En cas de doute, demandez conseil à un coiffeur.
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Questions fréquentes
Un sèche-cheveux à ozone abîme-t-il les cheveux ?
L’étude de 2026 ne l’a pas mesuré : elle porte sur de l’eau ozonée, en laboratoire, et on ne transpose pas ce résultat à un appareil. Elle ne permet donc pas de répondre oui ou non. Quel que soit l’appareil, un protecteur thermique s’applique avant la chaleur du sèche-cheveux ou du fer.
L’eau ozonée rend-elle les cheveux plus brillants ?
Dans l’étude, la brillance et la couleur ont peu changé, alors que le peignage est devenu plus difficile après l’exposition répétée à l’eau ozonée. Le résumé parle de changements minimes, pas d’un gain. Il s’agit d’une mesure de laboratoire sur des mèches, pas d’un essai sur un soin de salon.
Peut-on faire un soin à l’ozone après un lissage brésilien ?
L’étude ne porte pas sur des cheveux lissés : elle ne fournit aucune donnée pour répondre. Attendez au moins que le premier shampooing soit passé, 48 à 72 h après la pose, avant tout traitement de salon, et demandez sur quelle preuve repose la promesse du soin.
Qu’est-ce que l’acide cystéique ?
L’acide cystéique est une forme oxydée de la cystéine, un acide aminé de la kératine. Il marque la rupture de ponts disulfure. Dans l’étude de 2026, les bandes qui lui sont liées augmentent de façon progressive après l’exposition répétée à l’eau ozonée : l’étude le range parmi les signes d’oxydation des protéines.
Demain, avant le sèche-cheveux ou le fer, un seul geste : vaporiser le protecteur à 20 cm, puis peigner. En finition, deux à trois gouttes d’Elixir Brillance sur pointes sèches suffisent. Quant à la prochaine promesse « revitalisante », une question la met à l’épreuve : quelle étude, et sur quoi ?
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Sources : Marrafa PALI, Ganpule S, Castro-Haly V, Fernandes AB, Malinauskyte E, de Lima CJ, International Journal of Cosmetic Science, 2026, 48(5):1077-1092, PMID 42125943 ; règlement (UE) n° 655/2013 de la Commission du 10 juillet 2013.



